Nathalie Broyelle et la villa Arson

"un voyage dans l’univers du corps humain "


 

1)  NB ou « La chirurgie du sexe féminin »

 

Sa rencontre avec le plasticien Max MOHR, à l'occasion de l’exposition du « Principe de Réalité » en 1993, au centre national d’art contemporain de la Villa Arson de Nice, est le catalyseur de ce travail.

"Dissimuler pour mieux voir" : le relief des objets dissimulés permet-il de mieux percevoir les objets ?  l’imagination est elle plus efficace?
Initiée par « le voile à protubérance » (en mousse, latex, filets...), c’est finalement à une exploration suggérée, une projection métaphorique de la vision du sexe de la femme par lui-même que ce travail va conduire : une vue intérieure du vagin. Le sexe est signifié, parfois par des fragments.

La « complexité » du sexe de la femme explique un travail en symétrie, miroir, en exemplaires multiples, figuration de corps caverneux, galeries tentaculaires, méandres… une pieuvre.

L’élasticité du sexe de la femme justifie l’emploi de matières élastiques (collant, gants en caoutchouc).

Les œuvres :
— « La pieuvre » : voyage au centre de la matrice ;
— installation « le Gynécologue » : dans le prolongement des jambes d’une femme (figurées par un collant) son vagin « contemple » l’immixtion du gant du gynécologue ;
— le Grand Vagin : extension de la matrice pendant l’accouchement.
— photographies de modèles féminins, avec retouches anatomiques et projection sur grand écran ;
— vidéos expérimentales d’une minute.



 
 

 

2) NB ou Une vision satirique sur le corps : une dérision de la vision esthétique du corps.

 

- « Et si la femme idéale était muette ? » : représentation d’un visage féminin, dont la bouche a été effacée
- « Et si une femme comme cela existait ? » : la femme prisonnière de son corps ;
- « Jeunes filles en fleur » : détournement du travail de Mike KELLEY et ses poupées asexuées suspendues : l’installation représente un champ de fleurs (en mousse), symbolisant des orifices féminins, suspendues par des fils en nylon et s’offrent à l’Homme : des poupées « pour adultes » ;
- « Que du naturel » : représentation d’une femme nue allongée sur un divan, dont les poils pubiens sont exagérément plus fournis que ses cheveux ;
- « L’urinoir » et « Manpower » : relecture de « L’homme de Vitruve » de Léonard DE VINCI et de « L’urinoir » de Marcel DUCHAMP ;
Une nouvelle orientation établissant un rapport d’équivalence, de réversibilité, voire de substitution entre le corps humain et les animaux va en rester au stade de concept (vidéos la série « Manimal » : l’araignée vagin, la femme allaitant des cochons, le poulet aux jambes de femme), mais va aboutir à la dernière piste de travail.

 
 
 
 
 

3) NB et la création de vêtements comme métaphore et substituts du corps

 
Le vêtement n’est plus un habit, un objet, mais fait « corps » avec le corps, il en devient « chair », son substitut.

Cette fois le travail s’inscrit dans la réalisation de « Performances » filmées, scénarisées et costumées :

— la vidéo « Mousse » et ses images répétées en boucle : hommage aux performances de Bruce NAUMAN dans les années 70 qui se projetait brutalement sur les murs jusqu’à épuisement. Ici, le performeur en fait de même, mais équipé d’une armure en mousse.
— projet vidéo « When it’s too hot » : une jeune femme équipée d’un système de tuyaux d’arrosage en forme de robe de bal, qui se promène dans un jardin : une douche ambulante.
— vidéo « latex » : une créature porte un vêtement de latex, doté d’innombrables tétines. Un homme est invité à la consommer. Il se multiplie au fur et à mesure. Cette vidéo fait référence au mythe de la louve romaine, au mythe nourricier (la femme mère, et l’homme nourrisson). Elle suggère aussi la tentative de Louise BOURGEOIS qui au travers d’un habit recouvert de seins, voulait décupler les sources de plaisir des hommes.

Ces performances filmiques, scénarisés, costumés étaient elles-mêmes présentées par N.Broyelle en tenue de « Femme idéale », sorte de djellaba, sur laquelle était sérigraphié un corps de rêve : le vêtement figure un corps idéal sans le recours mutilant à la chirurgie esthétique.
 
 
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